-6.8° | 10.8°
Données au 16.04.2017
Association de la Cabane des Aiguilles-Rouges
|
1983 Evolène

Année de construction : 1948

Altitude : 2821m

Gardien actuel : Bernard Maître

Historique de la cabane

En 1947, Hans Ueli von Waldkirch, étudiant en médecine et membre du Club Alpin Académique de Genève (CAAG) se tue lors de l’ascension de l’arête de Bertol. Ses parents décident alors de consacrer la somme prévue pour ce qui aurait dû être l’installation de son cabinet médical, à la construction d’un refuge de haute montagne, en sa mémoire.

Le choix du site se fixe à 2'821 m. d’altitude, au pied des Aiguilles-Rouges d’Arolla, dans le Val d’Hérens, sur le territoire de la commune d’Evolène. Le refuge est situé dans un endroit où la vue est vaste et magnifique, permettant aux alpinistes qui voulaient effectuer la traversée des Aiguilles-Rouges de se reposer avant de partir à l’attaque de cette course longue et difficile.

La cabane des Aiguilles-Rouges, voilà un nom tout trouvé pour ce refuge implanté au pied de cette montagne gigantesque.

La cabane a été réalisée en 1948 et inaugurée en juin 1949. Maurice Maître, charpentier ayant participé à la construction, en devient le premier gardien. A cette époque, il n’avait aucun lien direct possible avec sa famille et la vallée. Pour les annonces importantes, un messager courait jusqu’à la cabane lui apporter l’information. S’il y avait un accident aux Aiguilles-Rouges, le gardien ou une autre personne devait descendre pour donner l’alarme.

En ce qui concerne l’approvisionnement (le bois, les boissons et la nourriture nécessaire pour les gardiens et les hôtes), durant les premières années, un mulet assurait le transport en montant des Haudères à la Gouille (petit hameau de la vallée), puis par le Lac Bleu jusqu’à la cabane. S’il y avait encore de la neige sur le chemin, il fallait décharger le mulet et porter le chargement à dos d’homme. Plus tard, l’avion assurait le transport du bois et le larguait aux alentours du refuge ou, si c’était du matériel fragile, le déposait en amont sur le glacier, d’où il fallait le descendre jusqu’à la cabane. Depuis 1967, les approvisionnements se font essentiellement par les hélicoptères d’Air-Glaciers.

Au printemps 1973, Maurice Maître décède brusquement. Sa femme Françoise lui succède avec ses deux fils Bernard et Jean-Maurice. A la fin 1993, c’est Bernard Maître qui succède à sa maman. Anne son épouse, Manon et Marie, ses filles, viennent souvent l’aider.

Les matériaux utilisés pour cet ouvrage ont été les pierres qui se trouvaient sur le lieu ainsi que le sable des moraines se trouvant à proximité. Ils n’étaient que 8 ouvriers sur le chantier, dont sept venaient d’Hérémence et un d’Evolène, Maurice Maître. Ces personnes ont mis un peu plus d’un an pour construire le refuge.

Le premier toit de la construction était fait en tavillons (bardeaux), sorte de planchettes en bois, spécifiquement suisse, qui protège des intempéries.

Le plan de la cabane d’origine était assez simple. Il se constituait d’une cuisine à droite de l’entrée principale. A gauche, le logement du gardien ressemblait à une cabine de bateau. La cuisine s’ouvrait sur l’unique réfectoire que l’on pouvait atteindre depuis l’entrée principale par un corridor (encore actuellement). Sur le côté gauche du corridor, un escalier monte au 1er étage. On y trouvait un dortoir pour 3 personnes (réservé à la famille Waldkirch), ainsi que deux autres dortoirs capables d’accueillir 21 alpinistes ou randonneurs. Sur le côté gauche du corridor, on trouve également deux petits locaux, un pour la réserve de bois et l’autre organisé pour être une « salle de bain », mais qui se révèlera être un local pour entreposer les matelas puis, par la suite, un petit local technique. Depuis 1956, un réservoir captant l’eau dans un lac en amont de la cabane permet un approvisionnement en eau. Il y avait également une cave qui n’était accessible que depuis l’extérieur. En effet, la première cabane était en quelque sorte « primaire ».

C’est en 1975 que l’on décide d’agrandir la cabane car elle se révèle être trop petite. La cabane primitive perd alors les vitrages des fenêtres de la façade nord, mais garde les volets ainsi que l’ouverture des fenêtres pour permettre d’utiliser l’espace hors-saison. On passe alors de 21 à 80 places pour dormir, grâce aux quatre dortoirs supplémentaires. Le grand réfectoire rajouté est en bois à l’intérieur et en pierre des alentours, comme pour la première cabane. Pour la construction de l’agrandissement, il a fallu miner un grand rocher derrière la cabane.

Le toit en tavillons a été remplacé par un toit de cuivre et recouvre toute la surface de l’ancienne et de la nouvelle cabane. Les hélicoptères d’Air-Zermatt ont amené le ciment et le bois. Le sable et les pierres ont été pris sur place.

Pour ces travaux, il y avait neuf maçons, deux charpentiers, trois menuisiers et deux ferblantiers-couvreurs. Leurs outils de travail étaient très rudimentaires. Ils ont du faire la fouille avec des pics et des pelles. Cette prouesse est encore plus impressionnante quand on sait où elle a été effectuée.

En 1986, le téléphone arrive à la cabane, remplaçant les différents Talkie-Walkie. En 1988, les panneaux solaires apportent un gain d’énergie fort appréciable.

La cabane reste cependant étroite et le gardien manquait d’intimité et d’espace. C’est pourquoi, en 1991, le Club Alpin Académique de Genève décide à nouveau d’agrandir. Ils construisent une annexe en bois au rez-de-chaussée. Ils profitent également des travaux pour bétonner le sous-sol et créer une salle d’eau alimentée par l’eau récupérée du toit pour le gardien et sa famille.

On agrandit la cuisine, aménage un réfectoire supplémentaire, un local pour le gardien et ses aides et une voie intérieure pour permettre de descendre à la cave l’hiver.

Le mur extérieur de cette nouvelle annexe est fait de poutres en mélèze. Cette partie du refuge est légèrement courbée : ce sont cinq hommes qui ont forcé sur ces longues lames de mélèze afin de les arrondir.

Désormais la cabane des Aiguilles-Rouges compte 322 m2 et tel un caméléon, se confond avec le paysage.

Ces dernières années, le CAAG manque de relève et, vu la tâche de rénovation qui se dessine dans les années à venir, cherche à remettre la cabane.

Le 2 novembre 2011, lors d’une assemblée extraordinaire, le CAAG se trouve devant un choix difficile : le CAS de Montreux et l’Association de la cabane des Aiguilles-Rouges, créée six mois auparavant espèrent reprendre la cabane.

Lors de son vote, l’assemblée attribuera la cabane à l’Association de la cabane des Aiguilles-Rouges. C’est avec un énorme plaisir que l’association accepte de relever le défi de remettre la cabane dans les normes « incendie » et « hygiène » demandées actuellement.